Ces contacts par minitel sont devenus quotidien. J'ai abandonné mon travail
parce que je n'avais plus la force de m'y rendre. Je voulais à tout prix
rencontrer quelqu'un. Cette possibilité me paraissait chaque jour à
portée de main. Je me répétais : " Cette fois, c'est
la bonne ! " C'est devenu une véritable dépendance. D'autres
fois, plus lucide, je me disais : "Cette fois, j'arrête." Mais
je ne pouvais plus. Ma première facture a été de 5 000
francs, puis elle n'a cessé d'augmenter. Finalement, on m'a coupé
le téléphone car je ne pouvais pas payer et, là, j'ai éprouvé
un manque. Mais, je me suis débrouillé pour m'abonner à
nouveau en obtenant une nouvelle ligne, ça a duré trois ans. J'étais
impuissant à maîtriser le processus.