Ces garçons je les rappelle sur leur portable. Ils ne se gênent
pas pour me jeter : " Ecoute, là je suis avec des copains, rappelle-moi
un autre jour ! " ou " Je suis à Saint-Trop. " ou "
Tu es libre ce soir ? Tu passes chez moi ?! " Invariablement, je m'imagine
que si le garçon me demande de le revoir, c'est qu'il a tiqué
sur moi, qu'il a réfléchi. A chaque fois, je suis porté
par une illusion d'amour romantique. J'arrive chez le mec, réservée,
j'essaie d'entamer une conversation. Parfois, il accroche. Il me dit des mots
gentils, j'y crois sur l'instant. On finit par faire l'amour et souvent il en
redemande. Le lendemain, j'espère un appel, j'attends qu'il m'invite
à dîner, à prendre un café, quelque chose de simple
qui me fasse croire que l'amour est possible. Non, la confrontation est toujours
la même. Ils deviennent écurants, indélicats. Jamais
je n'ai été autant frappé par la méchanceté
de certains hommes. L'espoir est-il perdu ? je ne sais plus.