Une vie de figurant
Reste le sentiment profond et irrémédiable d'être un figurant parmi les têtes d'affiche... Je trouve un
certain réconfort en m'occupant beaucoup, mais toujours seul (et je ne vous parle pas des vacances).
Je suis un individualiste (mais attention, pas un égoïste), un peu casanier, et comme disait Victor
Hugo, j'aime la solitude, à condition de ne pas être seul. Et aujourd'hui, ma solitude de cœur me pèse
de plus en plus. Le temps passe, tellement rapide et fugace que je ne vois que des cendres derrière
moi. Je n'ai pratiquement pas d'amis là où je vis, je sors rarement, pas d'occasion, peu de temps et
d'envie, et surtout, sortir seul pour voir les autres comme un fantôme voit les vivants, je ne peux plus,
trop de mauvais souvenirs...
Et les autres, même les vrais amis, même la famille, ne comprennent pas, ne veulent pas
comprendre, distribuent critiques et leçons toutes faites, s'occupent d'eux d'abord... Foutue société qui
se fonde sur l'égoïsme. Et puis de toute façon, que pourraient-ils faire ? Ils écoutent déjà à peine
quand je participe à une conversation. Ils ne pensent pas à me prendre une place de concert alors
que c'est moi qui ai lancé l'idée et donné les dates. C'est toujours moi qui dois revoir mon emploi du
temps pour les autres, même pour ce que j'organise. Alors quant à espérer de l'aide… |