Difficile de sourire dans ces conditions…
Aujourd'hui, j'ai 29 ans, et je suis une sorte d'exception au sein de mon entourage et de tous les gens
que je connais; ce qui, tout bien considéré, se résume à pas grand monde.
Cela s'explique. Fils unique, personne de mon age dans mon quartier, lycée technique, et quand on
supporte à la maison le divorce avec perte et fracas des parents, et que l'adolescence est rythmée par
les crises d'une mère qui n'a que son fils pour l'écouter, ça n'incite pas à sourire à l'école. Et ça
encourage les autres à vous enfoncer un peu plus, y compris ces "amis" qui n'ont jamais été que des
connaissances. Ensuite, l'expatriation pour les études, les kilomètres sans nombre, un très long séjour
à l'étranger... Mais malgré une meilleure ambiance et de solides amitiés issues de cette période, la
solitude reste ma plus fidèle compagne.
Puis le retour, le moment où on pose enfin ses valises. Et où on commence à gamberger, parce qu'il
n'y a plus de date précise à laquelle on change d'univers, plus d'échéance fixe. Aujourd'hui, ma vie
sociale est un désastre. Peu d'amis, presque tous loin. Et si ce n'est pas moi qui appelle ...
Il y a des week-ends réguliers avec les plus proches, mais j'y prends de moins en moins de plaisir,
parce que le nombre est toujours impair à cause de moi, parce que dans la bande, je suis un peu le
looser de service, la bonne pâte de qui on peut se moquer, celle qui rassure parce que moins bien
lotie. Je pense de plus en plus à ne pas réveillonner cette année, tout simplement parce que je n'en ai
aucune envie.
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